Dunkerque 101

Roman: Meurtre à Dunkerque "Sous l'oeil de Jean Bart" Chapitre 12 (Roger Constantin & Krystel)

Photo d'illustration:  Vue aérienne de Dunkerque et de la plage de Malo.

 

 

Roger Constantin & Krystel

 

Meurtre à Dunkerque

"Sous l’œil de Jean Bart"

 

Résumé

Dunkerque, 27 août 2014, Place Jean Bart.

Yorick Leroy découvre son épouse Eva, morte dans la salle de bains, la veille de leur dixième anniversaire de mariage.

Accident ou suicide?

Persuadé qu'il s'agit d'un crime, le commissaire Magnac ouvre une enquête.  Les mensonges s'accumulent chez les antagonistes.  Yorick mène une double-vie avec Petra son ambitieuse maîtresse.  David son meilleur ami ment aussi.  

Et même la caissière du supermarché!

Mais qu'ont-ils de si important à cacher?

Et si Jean Bart avait tout vu depuis son piédestal?

 

Dunkerque hotel ville

Dunkerque : L'hôtel de Ville

 

 

Cette oeuvre est une pure fiction.

Toute ressemblance avec des faits et des personnes existants ou ayant existés ne serait que fortuite et involontaire.

 

 

Chapitre 12

 

Richard et Justine s’étaient servis un café au distributeur dans le couloir et étaient sortis prendre l’air dans la grisaille, devant le commissariat. David Vermeulen, requinqué par une douche bienfaisante et rasé de près, arriva avec cinq minutes d’avance sur le dernier horaire prévu. Après s’être salués, Justine lui proposa un café qu’il accepta volontiers. Elle l’invita ensuite à les suivre jusqu’au bureau du commissaire.

—Je suppose que vous n’avez pas eu le temps de prendre votre petit noir avant de venir, lança Richard en le conviant à s’asseoir face à lui, désolé de vous avoir arraché du lit !

—Non, c’est moi qui suis désolé ! La journée d’hier fut éreintante à cause d’un banquet, répondit David en touillant son café. En quoi puis-je vous aider commissaire ?

Justine prit une chaise et se plaça dans un coin près de Richard, afin d’être en face de David. Ce qui lui permettrait d’analyser les expressions de sa physionomie en fonction de l’interrogatoire.

—Monsieur Vermeulen, vous étiez un ami intime du couple puisque cette malheureuse Éva n’est plus de ce monde ? Que pouvez-vous me dire à leur sujet ?

—C’était un couple sans histoire depuis leur mariage commissaire ! Ils étaient heureux ensemble et quand Yorick a pris un appartement à Paris, pour son travail, je dirais que cela fut plutôt bénéfique pour la stabilité de leur vie commune.

—Que voulez-vous dire par là, monsieur Vermeulen ?

—Au lieu de s’essouffler dans les trajets et rentrer dans la banalité quotidienne, ils avaient la joie de se retrouver chaque fin de semaine. Même si chacun avait sa petite vie indépendante durant la semaine, ils s’attendaient avec impatience.

—Ce qui leur apportait du piment au moment des retrouvailles hebdomadaires ! En conclut Justine qui fixait le visage de l’interrogé.

Elle comptait bien y déceler un signe, une défaillance. À peine acquiesça-t-il d’un geste de la tête que Richard enchaîna sur une autre question.

—Pourtant depuis un mois, il devait y avoir de l’eau dans le gaz au niveau relationnel? Éva était devenue subitement dépressive. Non ?

—Je ne sais... selon Yorick, Éva était tombée dans un mutisme total depuis fin juillet. Elle n’avait plus goût à la vie et se laissait sombrer dans l’alcoolisme. Yorick était le premier affecté dans l’histoire. Je le voyais bien chaque fois qu’il était de retour à Dunkerque. Éva vivait comme un zombie, sans s’habiller ni se maquiller. Elle avait le regard terreux, comme si elle était malade. Une vraie loque. Incompréhensible !

—Et pourquoi son mari n’a-t-il pas pris un congé pour la soutenir moralement et l’aider, comme tout mari aimant aurait dû le faire ?

—Elle n’a pas voulu. D'ailleurs, elle le repoussait et n’acceptait plus aucune parole de sa part. Son regard était devenu haineux envers son mari. C’est par la force qu’elle s’est soumise à la visite d’un médecin à domicile, le lundi de la semaine dernière, avant que Yorick ne reparte à Paris.

—Aurait-elle découvert quelque chose qui aurait pu provoquer cette dépression ?

—C’est peu probable ! Pourtant, j’allais la voir chaque mercredi, à la demande de Yorick, pour prendre de ses nouvelles. Lorsque j’étais seul avec elle, hormis le fait d’être saoule, elle me semblait dans un état normal. Le fait troublant est qu’elle était habillée et même maquillée en l’absence de son mari. Coquette quoi ! Comme toutes les femmes ! J’avais l’impression d’avoir en face de moi une schizophrène, avec une double personnalité !

—Pensez-vous que Yorick Leroy aurait pu avoir une maîtresse et mentir à sa femme sur son emploi du temps ? Demanda le commissaire d’un ton très sérieux.

—Non commissaire ! Je connais Yorick depuis ma plus tendre enfance. Même si nous avons fait les quatre cents coups ensemble, lors de notre jeunesse, il ne lui serait jamais venu à l’esprit de tromper Éva. Il en était trop fier et trop amoureux pour lui faire du mal.

La sincérité de sa réponse déstabilisa, aussi bien Richard que Justine. Richard se frotta le front comme à l’accoutumée pour réfléchir. Quant à Justine, elle appuya son coude gauche sur le bureau et se tapota nerveusement le menton du bout des doigts.

—Et professionnellement, continua Richard, Yorick avait-il des soucis ou des problèmes ?

—Pas du tout ! Depuis sa mutation à Asnières, à la direction, il était devenu un pion important et très apprécié dans la société.

—Et Éva de son côté, sortait-elle régulièrement avec des amies depuis les absences de Yorick ? Des voisins nous ont confirmé que c’était souvent la nouba chez elle. Pensez- vous qu’elle aurait pu avoir un amant ?

—Euh... ! Non... pas à ma connaissance commissaire. Elle... elle était bien trop fidèle à son mari.

Justine remarqua ce petit moment d’hésitation dans la voix de David, ainsi que son trouble et s’étonna que Richard ne relève pas le mot. Cependant, elle garda le silence, laissant son chef poursuivre son interrogatoire.

—Vous m’avez dit posséder une clé de l’appartement lorsque je vous ai interrogé jeudi. De votre côté, Yorick a-t-il un jeu de clés de votre logement ?

—Oui, car il m’arrive de ne pas rentrer pendant le week-end à cause du boulot au restaurant. Donc il a un trousseau de clés pour venir soigner ma chatte « Nala » et surveiller que tout est en ordre.

—Et vous ! Possédez-vous une clé de sa voiture ?

—Non ! Pas du tout. Mais pourquoi cette question commissaire ? S’étonna David.

Richard ne lui fournit pas de réponse, le laissant dans l’expectative.

—Je n’ai plus de questions à vous poser pour le moment monsieur Vermeulen mais je vous demande de rester à notre disposition pour des informations complémentaires, si le besoin se présente. Vous pouvez disposer !

David se leva et les salua. Justine le devança pour lui ouvrir la porte. Au même instant où David sortait, Richard Magnac l’interpella.

—Une dernière question Monsieur Vermeulen ! Auriez-vous une petite idée d’où se trouvent les courses que monsieur Leroy devait déposer chez vous mercredi soir ?

—Non, je ne suis pas au courant de ce qu’il en a fait. Et puis que voulez-vous qu’il fasse des bouteilles de champagne à présent ? Ce pauvre ! Il les a peut-être apportées chez ses parents...

—C ’est une possibilité en effet, merci monsieur Vermeulen. Je vous souhaite un bon week-end !

Richard ferma les yeux et se massa la nuque pour se décontracter. Justine, qui avait reconduit David Vermeulen jusqu’à la sortie, revint dans le bureau et le trouva en pleine cogitation.

—Alors Richard, qu’en penses-tu ? S’informa-t-elle en se laissant tomber sur le siège qu’occupait David quelques instants plus tôt.

—Il a l’air sincère dans ses propos, mais j’ai l’impression qu’il nous cache quelque chose sur Éva.

—Oui, j’ai bien vu qu’il a marqué un temps d’hésitation quand tu lui as demandé si elle avait un amant. Crois-tu que...

—Possible, tout est possible et tout est envisageable ! Après tout ce ne serait pas le premier homme à avoir une liaison avec la femme de son meilleur ami !

—Par contre, c’est fou qu’il ne soit pas informé de l’aventure entre Yorick et Petra Keller, ni pour le boulot d’ailleurs, ajouta-t-elle en s’étendant vers l’arrière et faisant glisser ses cheveux derrière ses oreilles.

Geste anodin pour elle mais si sensuel aux yeux de Richard. Ils prirent le temps de sortir un nouveau bilan sur l’avancement de leurs investigations. Petra était rentrée en scène, d’une manière, certes, inattendue mais elle pouvait être l’instigatrice et même la meurtrière. Yorick menait une double vie et pouvait très bien, lui aussi, être l’auteur du crime. Quant à David, il aurait dit la vérité ou il était peut-être un bon acteur et savait mentir sur la vie du couple pour masquer sa liaison avec Éva. En plus, ils n’avaient toujours pas la preuve qu’il s’agissait d’un crime et le mobile restait encore très flou même si la fortune d’Éva semblait être une piste sérieuse. Le crime pouvait être aussi passionnel.

—On est toujours dans la panade Richard! Se lamenta Justine après cette mise au point.

—On ne doit écarter aucune hypothèse ! Yorick nous ment depuis le départ, c’est certain ! Le mensonge est inné en lui, il peut donc mentir aussi à David et à sa belle rousse.

—Et les courses du Carrefour? Jusqu’à présent, Yorick, nous a déclaré être allé à l’hypermarché. David connaît la liste des marchandises, mais n’en a pas vu la couleur et nous ne savons pas ce qu’elles sont devenues.

—Que veux-tu dire par là ? Questionna Richard en se frottant le menton.

—On n’a pas encore mis la main sur la carte bleue de Yorick. Elle n’était pas dans son portefeuille lorsque nous avons saisi ses affaires jeudi. Donc cela pourrait être un mensonge de plus. Il n’est peut-être pas allé lui-même au Carrefour ? Il faudrait vérifier, au magasin, si c’est bien Yorick qui a fait les achats.


—Très juste chère lieutenante ! Je n’y pensais pas. On va aller faire un tour là-bas et si par chance, la caissière qui a servi Yorick travaille...

—Non Richard, je vais à l’hypermarché ! Pas toi ! J’irai avec Martin lorsqu’il sera arrivé.

—Et pourquoi ne puis-je pas t’accompagner ma petite Dame ?

—Parce que tu vas t’occuper de ton frère et ta belle- sœur ! Tu m’as dit qu’ils voulaient visiter le Beffroi et la grande Place de Bergues. Et puis qui sait, tu pourras peut-être y rencontrer Petra Keller et l’inviter à boire un Pinot ! Allez ! J’insiste et fous-moi le camp Richard Magnac. Je te tiens au courant.

« Ah ! Les femmes, pensa-t-il, il ne faut pas les contrarier ! »

Richard obtempéra aux ordres de sa subalterne. Il pensait que c’était le monde à l’envers qu’un maître se fasse commander de la sorte par son émule, mais, au fond de lui, il approuvait la démarche. Il savait qu’elle le faisait pour lui. Elle voulait qu’il profite un peu de sa vie privée, en compagnie de sa famille. Sa belle Justine avait bon cœur et pour rien au monde il n’en voudrait une autre qu’elle.

—Que fais-tu ce soir Justine? Puis-je t’inviter au « Chinatown » ? La cuisine y est excellente. Elle nous permet de voyager en Chine sans trop dépenser.

—Désolé Richard, mais je passe la soirée avec mon petit chéri Mickaël !

—Ah, ah bon ? T’as enfin... rencontré... quelqu’un ? Balbutia-t-il tout déconfit.

Il avait l’impression que tous les malheurs du monde lui tombaient dessus tant la nouvelle lui piquait le cœur.

—Ouch ! On dirait que le ciel te tombe sur la tête, lui répliqua Justine en riant aux éclats. Si tu te voyais !

—C ’est ça, moque-toi ! Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Demanda-t-il en imitant la voix de Johnny Hallyday et faisant allusion à sa chanson.

—Ta petite gueule d’amour se trompe ! Mickaël est mon petit-neveu de trois ans. Ma sœur m’a téléphonée tout à l’heure en me demandant d’aller chez elle, à Hazebrouck, pour le garder pendant qu’elle se rend à une fête d’anniversaire à Lille. Mais demain si tu veux, je rentre à Malo en fin de matinée.

Richard, tout rouge, ne put éviter un rictus de soulagement. Un homme avait touché son cœur de femme, mais comme c’était un petit bout de chou de trois ans, il ne risquait pas de devenir un rival éventuel.

 

(à suivre  : le chapitre 13 sera publié demain vers 14 heures)

 

Les auteurs

 

A nous milord

Roger Constantin et Krystel à gauche.

A droite Clair Pirotton épouse de Roger ou de Christian, c'est selon...

L'improbable alliance de deux auteurs que rien ne réunissait au départ sauf cet incroyable challenge d'écrire un polar.

Roger Constantin vit au sud de Liège dans les Ardennes belges et son premier roman aborde le domaine sentimental aux dimensions fantastiques.

Krystel habite Dunkerque et écrit des romans historiques, passionnée par la vie de Louis XIV.

Ensemble, ils ont relevé le défi.

 

 

Jean Bart, figure emblématique de la ville de Dunkerque

(partie 2)

 

Jean bart 10

 

 

En 1690, Jean Bart commande L'Alcyon à la bataille du cap Béveziers, puis il escorte les convois en mer du Nord après avoir brisé le blocus imposé à Dunkerque. En 1692, il détruit une flottille de 80 navires de pêche hollandais. Son exploit, sans doute le plus célèbre, qui lui vaut des lettres de noblesse, est la reprise sur les Hollandais devant le Texel d'un énorme convoi de cent-dix navires chargés de blé que la France avait acheté à la Norvège (). En , il livre sur le Dogger Bank un violent combat à une escadre hollandaise, détruisant plus de 80 navires, et rentre à Dunkerque en déjouant la surveillance anglaise. Promu chef d'escadre en , il conduit le prince de Conti en Pologne, puis commande la marine à Dunkerque où il meurt le .

(source du document : WIKIPEDIA)

 

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