Dunkerque 101

Roman: Meurtre à Dunkerque "Sous l'oeil de Jean Bart" Chapitre 14 (Roger Constantin & Krystel)

Photo d'illustration:  Vue aérienne de Dunkerque et de la plage de Malo.

 

 

Roger Constantin & Krystel

 

Meurtre à Dunkerque

"Sous l’œil de Jean Bart"

 

Résumé

Dunkerque, 27 août 2014, Place Jean Bart.

Yorick Leroy découvre son épouse Eva, morte dans la salle de bains, la veille de leur dixième anniversaire de mariage.

Accident ou suicide?

Persuadé qu'il s'agit d'un crime, le commissaire Magnac ouvre une enquête.  Les mensonges s'accumulent chez les antagonistes.  Yorick mène une double-vie avec Petra son ambitieuse maîtresse.  David son meilleur ami ment aussi.  

Et même la caissière du supermarché!

Mais qu'ont-ils de si important à cacher?

Et si Jean Bart avait tout vu depuis son piédestal?

 

Dunkerque hotel ville

Dunkerque : L'hôtel de Ville

 

 

Cette oeuvre est une pure fiction.

Toute ressemblance avec des faits et des personnes existants ou ayant existés ne serait que fortuite et involontaire.

 

 

Chapitre 14


Quai des Jardins, soir du dimanche 31 août

Les yeux de David sombraient dans ceux d’Élodie. Il était émerveillé par la beauté de cette jeune femme qu’il tenait dans ses bras. Quant à elle, ses yeux reflétaient le bonheur, celui surtout d’avoir été remarquée par un homme d’une telle condition. Pour Élodie cette rencontre était la providence et elle nourrissait de singuliers espoirs même si elle savait que les princes charmants n’existaient que dans les dessins animés.

Issue d’une famille au niveau social très modeste, elle avait eu une enfance malheureuse. Sa mère était décédée quand elle était encore très jeune et son père, qui s’était remarié avec une femme qui la détestait, tout comme son frère de trois ans son aîné, était devenu un alcoolique invétéré après la perte de son emploi. L’adolescence d’Élodie avait été une catastrophe. Ses études avaient rapidement été abandonnées, suivant les traces de son frère, emprisonné pour trafic de stupéfiants.

Pour faire partie de la bande dirigée par un ami de son frère, elle avait dû se soumettre aux caprices sexuels du groupe, s’adonner à la drogue et commettre des larcins en tous genres. Sa plus grande chance fut d’être arrêtée à seize ans pour être placée dans un centre de jeunesse. Encadrée par une assistante sociale exceptionnelle, Élodie fut très vite remise sur le droit chemin. Malgré une certaine fragilité mentale, elle avait pu rentrer dans sa vie d’adulte sans trop de fracas et trouver, en été 2012, son travail actuel chez Carrefour.

Elle n’avait rien caché de sa vie à David. Dès le deuxième soir de leur rencontre, au risque de se faire jeter, elle lui confia tout. Elle avait bien fait. Son Don Juan était un homme de cœur. Devenu beaucoup plus sensible avec la mort d’Éva, il fut bouleversé par l’histoire tragique de cette fille et avait décidé de lui apporter une grosse dose de bonheur.

Après Éva, il pensait bien ne plus jamais ressentir cette sensation d’amour partagé. Pour lui aussi, cette jeune femme était un cadeau tombé du ciel, une perle rare qu’il fallait s’efforcer de conserver. Élodie était différente des midinettes friquées, capricieuses et sophistiquées qui tombaient dans son lit comme des mouches. Elle avait du caractère et de l’ambition, certes, mais elle était naturelle, reconnaissante et nullement calculatrice.

—Tu sais Élodie, depuis quelque temps, je me fais houspiller par mon chef de cuisine parce que je quitte le resto du Club House trop tôt. Hier il m’a réprimandé pour être parti vendredi, lors du banquet, avant le service du plat principal. Même refrain aujourd’hui pour mon départ prématuré de samedi, mais cette fois-ci, par le maître d’hôtel !

—Mais mon petit chéri, cela me fait plaisir d’entendre que tu te fais engueuler pour moi. Ce comportement me prouve que tu m’aimes, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !

—Pas du tout ! Et il l’attira dans ses bras en riant.

David avala ses rires et ses baisers avant de l’entraîner dans une chute au creux moelleux du divan. Elle lui enjolivait la vie à l’extrême par sa fraîcheur et son esprit vif. Pressentant que leurs étreintes allaient vite prendre le chemin d’un câlin coquin, elle s’extirpa du canapé.

—Attends mon minet, j’ai une surprise pour toi !

Il était environ 21 heures et David venait juste de rentrer du Club House. La veille, il lui avait donné un jeu de clés pour qu’elle puisse se mette à l’aise, chez lui, en l’attendant. Elle en avait profité pour visiter tout l’appartement. Elle était en congé le dimanche, mais elle n’avait pas pu accompagner son nouveau compagnon au boulot car elle avait obtenu un droit de visite au centre pénitentiaire de Lille Annœullin où son frère était interné. Elle ne l’avait plus vu depuis six mois.

C’est de son pas léger de déesse qu’elle se rendit jusqu’à la cuisine. Elle en revint quelques secondes plus tard, deux coupes de cristal sur un plateau garni de petits canapés fourrés au pâté de canard, qu’elle avait confectionnés pendant la soirée, en attendant le retour du maître des lieux. David constata que sa belle avait déjà pris ses marques dans son logement. Il en sourit. Elle retourna sur ses pas pour quérir le meilleur.

—Champagne ! S’écria-t-elle en faisant sauter le bouchon, Veuve Clicquot Ponsardin, brut rosé !

Elle remplit les verres sous le regard étonné de David.

—Ma foi, tu es douée pour le service !

—Santé à toi, mon Trésor ! Trinqua Élodie en venant s’installer sur ses genoux.

Elle déboutonna les trois premiers boutons de sa chemise et glissa sa main dans l’échancrure pour lui caresser le torse. L’effet qu’elle voulait en tirer fut probant. Grisé, totalement transporté par sa sensualité, David s’empara de ses lèvres. Elle lui prit son verre et le déposa sur la table du salon avant de monter sur lui à califourchon. Tant pis pour le champagne qui s’éventrait dans les verres, le moment sexe était venu. Lorsqu’ils reprirent leurs esprits, dans la bonace avant la prochaine tempête, David lui demanda d’où provenait la bouteille de Champagne.

—David, tu es un coquin ! Je ne pensais pas que mon rêve d’ado allait se réaliser !

—Ton rêve d’ado ? Ne me dis pas que tu me prends pour un malfrat !

—Tu sais, tu gères ta vie comme tu l’entends. Peu importe pour moi, ce que tu fais d’honnête ou de malhonnête, une fois que je suis dans tes bras !

—Mais je suis honnête ! Pourquoi me balances-tu un charabia pareil ? Qu’est-ce que tu t’imagines ?

—J’ai fait une visite approfondie de la maison, par simple curiosité et j’ai trouvé tes deux cartons de Veuve Clicquot dans une armoire, près de ta machine à laver, dans la buanderie.

—Quoi ? Mais c’est insensé ! Je n’ai...

—Il y avait aussi deux sacs de marchandises de qualité déposés sur les cartons. C’est dans le premier que j’ai trouvé les toasts et le pâté.

—Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Je croyais que tu avais acheté tout ça pour moi, pour nous, pour me faire une surprise et marquer le coup de notre petite soirée entre amoureux !

—Alors, tu ne me crois pas ! David, dis-moi pourquoi il y a la carte bleue de Yorick Leroy près du clavier de ton ordinateur ? Dans ton bureau !

—La carte, c’est logique, il... il me l’avait prêtée.

—Ne me mens pas mon amour ! Je ne t’ai rien dit hier, car je voulais en avoir le cœur net.

—Le cœur net au sujet de quoi ?

—Avoue que tu es une sorte d’Arsène Lupin moderne, n’est-ce pas ?

David était consterné par ses paroles. Le pire arrivait.

—Les gars de la police sont venus me rendre une petite visite, hier, pendant mon boulot. Ils m’ont interrogée, mais je te jure que je n’ai rien dit sur toi ! Ils m’ont montré une photo de Yorick Leroy et j’ai affirmé que c’était bien lui qui était passé à ma caisse, avec le Champagne. Mes autres collègues disent ne pas avoir fait attention, à part Cynthia, qui est venue en renfort à la caisse voisine et qui se souvient avoir vu les deux cartons de Champagne sur le tapis, mais elle a assuré ne pas avoir vu le client.

—Et merde ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? J’ai juste rendu un service à Yorick parce qu’il était trop occupé. Il pensait rentrer de Paris à midi au lieu de 15h. C’est un ami, mon ami d’enfance et l'on a retrouvé sa femme morte, mercredi dernier. On ne sait toujours pas s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide.

—Mince alors, bisqua Élodie, ton ami n’aurait-il pas une maîtresse par hasard ?

—Non ! Il n’en a jamais eu, ce n'est pas le genre ! Pourquoi me demandes-tu ça ?

—Car les flics m’ont aussi montré la photo d’une superbe rousse, en me demandant, si je l’avais déjà vue au magasin. Je suppose que c’est en rapport avec ton ami, non ?

—Mais je n'en sais rien ! Répondit David, très inquiet.

Il se rendait compte que, tôt ou tard, la police découvrirait qu’il avait menti au sujet d’Éva.

—Tu devrais appeler ton Yorick Leroy pour lui demander des explications ! Je pense que c’est préférable pour toi et pour nous.

David revendiqua qu’il lui eût téléphoné à maintes reprises, mais qu’il tombait toujours sur sa messagerie. Il précisa aussi qu’il n’avait plus aucune nouvelle de Yorick depuis sa sortie de l’hôpital vendredi, en fin d’après-midi. Il affirma également être passé chez lui au matin et qu’il avait eu porte de bois.

—J’avais un jeu de clés de son appartement, mais la police me l’a confisqué jeudi matin. C’est vraiment con !

Élodie blanchit. Elle comprenait que David s’était fourré dans un sale pétrin.

—À propos, tu as vu Nala, ma petite chatte, depuis que tu es revenue de Lille ?

—C’est bien le moment de t’inquiéter de ton animal, lui rétorqua Élodie, elle était dans la buanderie quand j’ai pris la bouteille de Veuve Clicquot ! J’ai dû l’y enfermer par mégarde. Tu sais... on est devenue de bonnes copines toutes les deux ! Elle est venue se coucher près de moi, pendant une heure ce matin, après ton départ et elle n’a cessé de ronronner !

Maigre consolation pour un David tourmenté par la situation. Il avait perdu toute envie de câlins pour le reste de la nuit.

 

(à suivre  : le chapitre 15 sera publié demain vers 14 heures)

 

 

 

 

Les auteurs

 

A nous milord

Roger Constantin et Krystel à gauche.

A droite Clair Pirotton épouse de Roger ou de Christian, c'est selon...

L'improbable alliance de deux auteurs que rien ne réunissait au départ sauf cet incroyable challenge d'écrire un polar.

Roger Constantin vit au sud de Liège dans les Ardennes belges et son premier roman aborde le domaine sentimental aux dimensions fantastiques.

Krystel habite Dunkerque et écrit des romans historiques, passionnée par la vie de Louis XIV.

Ensemble, ils ont relevé le défi.

 

 

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