Jean bart

Roman: Meurtre à Dunkerque "Sous l'oeil de Jean Bart" Chapitre 19 (Roger Constantin & Krystel)

Photo d'illustration:  Jean Bart

 

 

Roger Constantin & Krystel

 

Meurtre à Dunkerque

"Sous l’œil de Jean Bart"

 

Résumé

Dunkerque, 27 août 2014, Place Jean Bart.

Yorick Leroy découvre son épouse Eva, morte dans la salle de bains, la veille de leur dixième anniversaire de mariage.

Accident ou suicide?

Persuadé qu'il s'agit d'un crime, le commissaire Magnac ouvre une enquête.  Les mensonges s'accumulent chez les antagonistes.  Yorick mène une double-vie avec Petra son ambitieuse maîtresse.  David son meilleur ami ment aussi.  

Et même la caissière du supermarché!

Mais qu'ont-ils de si important à cacher?

Et si Jean Bart avait tout vu depuis son piédestal?

 

Dunkerque 101

Dunkerque : Vue aérienne de Dunkerque vers la plage de Malo.

 

 

Cette oeuvre est une pure fiction.

Toute ressemblance avec des faits et des personnes existants ou ayant existés ne serait que fortuite et involontaire.

 

 

Chapitre 19

Justine revint dans le bureau de Richard avec deux gobelets de café. Elle lui en tendit un et s’installa à cheval sur la même chaise qu’elle avait occupée pendant l’interrogatoire de Yorick Leroy.

—Tiens, J’ai des nouvelles de Robert Dubois ! Il m’a dit que tu lui devais une casserole de moules Jumbos à La Panne si tu ne découvrais pas le nom du meurtrier avant demain soir.

—Ah ! Toujours le mot pour rire ce Dubois ! Mais à quoi joue-t-il ? On se le demande ! Avons-nous enfin le rapport complet ? On ne peut pas le surnommer Speedy Gonzales, celui-là !

—Non. Il m’a dit demain midi tout en m’affirmant, sûr de lui, que tu trouverais l’identité de l’empoisonneur avant.

Richard éclata de rire.

—Soit il prend de la schnouff, soit il se prend pour Madame Soleil !

—Non, mais plus sérieusement Richard, en allant chercher nos cafés, j’ai reçu des informations du labo. Les deux fioles étaient bien remplies de cyanure d’hydrogène. L’une d’elles a simplement été rincée. Voilà pourquoi le liquide était inodore et incolore.

—De l’eau bien sûr! Bizarre cette volonté de rincer l’un des deux flacons ! Peut-être pour faire croire que l’acte était prémédité.

—Tu te rappelles la réflexion de Vermeulen, tout à l’heure, quand on est intervenu pour séparer nos deux énergumènes : « Si j’avais su...

Et Richard compléta, jouant de son index impérial :

—... que tu trompais ta femme, Éva ne serait pas morte... ».

—Aveu de David ou accusation contre Yorick ?

Perplexe, il se gratta le front, répétant mentalement la question posée par sa collègue. Juste à ce moment, l’inspecteur Martin amena la pétillante rousse, Petra Keller. Un vent de cannelle souffla dans la pièce.

—Merci inspecteur, vous pouvez disposer... Puis il s’adressa à la jeune femme, le ton plein de tact.

—Madame Keller, j’apprécie la qualité de vos vins, mais dorénavant, chaque fois que j’ouvrirai une bouteille, je m’assurerai qu’elle ne contient pas de cyanure.

—Je suis œnologue monsieur le commissaire, pas criminelle, répondit effrontément la diabolique alsacienne.

—Permettez-moi d’en douter chère Madame ! Pour la police, les villes de Dunkerque et de Barr ne sont pas si éloignées que ça et nous avons appris le décès étrange de votre mari !

—C’était une crise cardiaque commissaire, une mort tout à fait naturelle. Rien d’étrange là-dedans ! D'ailleurs, mon beau-père...

—Juste un beau-père madame Keller ? Pouvez-vous le jurer ?

—Il me semble que vous attachez plus d’importance aux rumeurs qu’aux facultés du médecin, le nargua-t-elle en se trémoussant sur ses talons aiguilles, l’œil débordant de malice.
Puis elle s’assit sur le fameux siège des malfrats en tous genres, un sourire sardonique sur ses lèvres vermeilles. Justine rongeait son frein. Richard savait que sa collègue n’attendait qu’une seule chose, se défouler sur la belle vénale. Il lui donna le feu vert.

―Lieutenante Devos, avez-vous d’autres questions à formuler à notre suspecte ?

Le sourire que Justine adressa à Richard en disait long sur ce qu’elle ressentait ; une satisfaction sans pareille. Il devinait qu’une petite pointe de jalousie taquinait sa subalterne depuis qu’elle le savait interpellé par les attraits séduisants de la rouquine. Quel homme ne le serait pas d’ailleurs ? Bien heureuse de ne pas en être un, elle ne la louperait pas !

—Madame Keller ! Vous avez empoisonné Éva Leroy, car Yorick son époux... VOTRE AMANT... n’en était pas capable !!! Vous avez dissimulé les fioles de cyanure chez David Vermeulen POUR le faire accuser ! Vous êtes venue depuis PARIS... le jeudi soir en TGV... pour brouiller les pistes, car vous étiez déjà à Dunkerque le MERCREDI...

Justine appuyait sur chaque mot important comme si elle voulait lui enfoncer un pieu dans le cœur à chaque fois. Rebelle, Petra fit de même pour se défendre :

—SI c’est ainsi que VOUS le prenez, JE DEMANDE la présence de MON AVOCAT !

Puis jouant à nouveau de son charme, elle reprit sa petite voix mielleuse pour parler à Richard.

—Je n’ai rien à me reprocher, commissaire, je vous le jure !

Richard, adossé confortablement contre son siège, tapotait un crayon sur ses lèvres comme pour les murer. Son regard était plus attiré vers Justine que vers Petra. Il était certain, au fond de lui, que sa coéquipière s’acharnait sur l’Alsacienne à cause de lui, à cause de sa jalousie et cette rivalité entre les deux femmes lui procurait un certain plaisir. Justine ne laissa ni le temps à Richard de lui répondre, ni à Petra le temps de l’amollir. Elle réitéra ses accusations avec encore plus de hargne.

—Madame Keller, vous êtes la maîtresse de Yorick Leroy depuis plusieurs mois et vous aviez l’intention de créer votre propre société : PETRAVINS ! Vous avez donc attiré monsieur Leroy dans vos filets afin de vous approprier les biens de son épouse.

—Les biens de son épouse ! Quels biens ? Vous vous moquez de moi inspecteur ou... comment dit-on pour une femme ? Inspectrice peut-être ?

Exaspérée, Justine combla, par un grand pas de conquérante, l’espace qui la séparait de Petra Keller. Elle fit pivoter son siège d’un quart de tour pour l’avoir bien en face d’elle et posta son visage à quelques centimètres du sien.

—LIEUTENANTE ! Madame Keller ! LIEUTENANTE DEVOS !

Devant l’impertinence de son interlocutrice, Justine avait les nerfs à fleur de peau. Elle était consciente qu’elle se fichait d’elle dans le but de la provoquer. Pour mettre un terme à leur discussion qui tournait au vinaigre, Richard se leva et invita Petra Keller à le suivre.

—Madame Keller, je vous maintiens en garde à vue pour la durée maximale légale. Je vous raccompagne jusqu’à votre cellule, car je ne suis pas sûr que vous y arriveriez entière avec la lieutenante Devos !

En sortant, il fit un clin d’œil à Justine et s’avança dans le couloir, tenant la belle rousse par le bras. Arrivé à la hauteur de la cellule de David Vermeulen, il ralentit son pas et s’arrêta dans l’espoir d’une réaction de sa part à la vue de l’Alsacienne. Il ne fut pas déçu du résultat de sa stratégie.

—Espèce de salope ! S’insurgea-t-il, en voyant celle qui avait fait chavirer le cœur de son plus grand ami.

Petra Keller le fixa droit dans les yeux, sans ciller, et resta stoïque face à l’agression verbale de David.

—Sale pute, dites quelque chose bon sang ! Éva est morte à cause de vous ! Vous comprenez ça ?

Richard Magnac, posa la main sur l’épaule de Petra pour l’inviter à se détourner des fustigations de Vermeulen. Juste avant de détacher son regard de lui, elle ouvrit enfin la bouche.

—Je ne suis responsable de rien. Je n’ai pas volé Yorick à sa femme, c’est lui qui m’a choisie ! Il avait sans doute ses raisons... non ?

Quelques instants plus tard, le commissaire réintégra son bureau où Justine l’attendait.

—Martin est venu me parler Richard. Le docteur a examiné Yorick Leroy et il n’a pas eu gain de cause. Nous pouvons donc le maintenir en garde à vue.

—Au moins une bonne nouvelle ! Mais on n'est toujours pas plus avancé dans notre enquête.

—J’ai l’impression que tu vas gagner une casserole de moules offerte par Robert Dubois !

—Oui, il faudrait un rebondissement extraordinaire avant demain midi pour trouver le coupable. C ’est à se demander si Dubois ne nous cache pas un élément primordial !

—De toute façon, on ne pourra inculper le coupable que pour tentative de meurtre et à la rigueur, pour non- assistance à personne en danger... en plus si c’est le mari !

—Eh, oui ma Juju ! Drôle d’histoire... et ça faisait longtemps que ça n’était plus arrivé !

—Ouch ! Tu m’appelles Juju ! Aurais-tu une proposition indécente à me faire ?

—Rien d’indécent rassure-toi. Je veux juste t’inviter à boire un Pinot noir au « Tormore », rien que pour décompresser.

Justine sourit.

—Je savais bien que tu allais me faire une proposition indécente !

—Prendre un verre ensemble n’a rien d’indécent ! On le fait deux ou trois fois par semaine. Que t’arrives-t-il ma Juju ?

—C’est qu’à ta Juju, tu ne lui feras plus boire un vin des vignobles Meyer ! Voilà ce qui est indécent mon cher commissaire Magnac. Ta Juju n’a pas envie de mourir empoisonnée !

—Ouch ! Petra t’irrite à ce point-là ? Alors un bon rosé du Chud, ça te tente ?

—Vamos Richard !

Juste avant de sortir, Justine l’attrapa par le cou et déposa un furtif baiser sur ses lèvres. Une puissante montée d’adrénaline terrassa l’invincible commissaire Magnac.

 

(à suivre  : le dernier chapitre et l'épilogue seront publiés demain vers 14 heures)

 

 

Les auteurs

 

A nous milord

Roger Constantin et Krystel à gauche.

A droite Clair Pirotton épouse de Roger ou de Christian, c'est selon...

L'improbable alliance de deux auteurs que rien ne réunissait au départ sauf cet incroyable challenge d'écrire un polar.

Roger Constantin vit au sud de Liège dans les Ardennes belges et son premier roman aborde le domaine sentimental aux dimensions fantastiques.

Krystel habite Dunkerque et écrit des romans historiques, passionnée par la vie de Louis XIV.

Ensemble, ils ont relevé le défi.

 

 

Sous l'Oeil de Jean Bart

Et voilà, nous sommes arrivés au chapitre 19 , l'ultime avant le dénouement demain.

Alors des suppositions : Décès par mort naturelle, meurtre ou les deux ?

Et si meurtre, qui a tué Eva ? Yorick, David, Petra ou...

Demain, ce sera l'aboutissement de l'enquête dans le chapitre 20 et l'épilogue avec un dénouement tout à fait inattendu, on vous le promet.

Bonne lecture !

 

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